
L’UCR-CGT appelle à la mobilisation intersyndicale le 20 mars prochain, un peu partout en France. Abrogation de la réforme des retraites, revalorisation des pensions, reconquête des services publics, etc.
Si les revendications sont nombreuses, elles trouvent un écho indéniable auprès des camarades…

Alain Le Masson, animateur section retraité Val-de-Marne
« Cette mobilisation du 20 mars est essentielle pour exprimer notre colère légitime face à des accusations injustes. Il faut déjà rappeler que la retraite est un droit, une des plus grandes conquêtes sociales obtenues par la classe ouvrière et sans cesse combattue par le patronat depuis sa création. De plus, sommes-nous privilégiés, alors que 6 retraités sur 10 (régime général) ont une retraite inférieure au SMIC, que 31% (74 % de femmes) perçoivent une pension inférieure à 1000 euros par mois, et que 11 % d’entre nous gagnent moins de 790 euros par mois. Au-delà, se mobiliser le 20 mars, c’est dire non à la réforme Macron quiest à la fois une menace et une aberration. L’allongement de la durée de vie au travail, le blocage à 14 % du PIB des dépenses liées aux retraites, alors même que le nombre de retraités va augmenter de façon exponentielle, démontre les velléités de paupériser un peu plus une population déjà fragile. En effet, prévoir de donner la même somme à une population qui va doubler induit fatalement une forte baisse des pensions. Se mobiliser le 20 mars, c’est mettre en évidence les contradictions profondes, en termes de déficit, entre un premier ministre désavoué par le COR (conseil d’orientation des retraites) et la pourtant très libérale Cour des comptes. C’est exiger que nos impôts servent à financer la santé, entre autres, et non pas la guerre, et demander l’abrogation de la réforme des retraites et le rétablissement du régime pionnier des IEG. Le 20 mars, nous devons réaffirmer notre volonté de revalorisation des retraites et des pensions de 10 %, le refus de la désindexation des retraites, la reconquête des services publics de proximité, etc. En ce qui concerne les IEG, il s’agit de tout faire pour conserver notre système d’assurance maladie(Sécurité sociale, CAMIEG et CSMR) mis en place par la CGT. Ce sera l’un des enjeux des futures élections de CMCAS. »

Maxime Guillemin, animateur section retraités syndicat Énergie Franche-Comté sud
« Quel est ce discours ambiant et abject qui présente les retraités comme une génération dorée et grands bénéficiaires des trente glorieuses. Tout d’abord, la retraite est un droit et un dû, tout comme le fait de vivre dignement à l’instar des actifs, de la population, en général. Nous ne sommes pas en marge de cette société. Nous ne vivons pas non plus en autarcie ! Or, nous sommes les boucs émissaires d’une politique austère. Ces dernières années, le pouvoir d’achat des pensionnés a perdu à peu près l’équivalent d’un treizième mois ! Les femmes, à la carrière « hachée », sont pénalisées. Quant aux futurs retraités, encore en activité, ils subissent de telles disparités en termes de revenus, que leurs retraites en seront d’autant plus impactées ! Il faut capitaliser, leur dit-on ! Mais, pour qui, les plus aisés ? Ce système libéral est à bout de souffle quand le système solidaire de protection sociale est au bord du gouffre. Voilà pourquoi il faut se mobiliser le 20 mars. Pour dénoncer l’érosion des services publics, l’absence, entre autres, des travaux en termes de réaménagement du territoire et cette inertie qui favorise l’individualisme, l’assurantiel, etc., par opposition au collectif, à la mutualisation. Nous avons par deux fois subi une ponction de l’État sur les excédents de la Camieg, à hauteur de 175 millions d’euros au titre de la solidarité. Nous ne sommes pas fondamentalement opposés à la solidarité, évidemment… Mais, pourquoi ne pas agir de la sorte avec les excédents de la capitalisation boursière d’un certain nombre de grands riches ? Je pense que cela permettrait de régler le problème du trou de la sécu et de financer les caisses de retraite pour quelques années. Alors, exiger des augmentations de pension pour vivre dignement n’a rien d’insultant. Refuser de le faire, c’est amplifier l’injustice sociale et c’est plonger dans le désarroi des personnes, dont certaines sont fragiles psychologiquement. Or, le repli sur soi, l’isolement peuvent amener à commettre l’irréparable. »

Jean Pugens, membre de l’USR CGT 13, et responsable section retraités syndicat énergie PACA
« Cette mobilisation doit honorer les 80 ans de la création de la Sécurité sociale ! En dénonçant les dérives des gouvernements qui dégradent toujours plus cette institution, à travers les projets de loi de financement, les déremboursements, les exonérations de cotisations des patrons… Et ce report inacceptable sur les complémentaires santé qui fait augmenter les cotisations des adhérents. Se mobiliser le 20 mars, c’est dire non à l’assurance privée qui veut faire main basse sur la santé. C’est revendiquer une Sécurité sociale initiale et intégrale, en exigeant de revenir à son financement par le salaire et les revenus financiers. Aujourd’hui, 3 millions de personnes en France n’ont pas de mutuelle et ne peuvent donc plus se soigner, faute de déremboursements de la sécu. Les retraités sont, à rebours des clichés, une population fragilisée par l’accès aux soins, à l’énergie, à l’eau, bref, aux services publics qui rentrent dans des logiques d’entreprise, des logiques de marché. C’est inacceptable ! Nous ne pouvons plus constater, surtout dans la ruralité, des carences au niveau des transports, des déserts médicaux et la disparition de tous ces accueils physiques qui sont autant de liens sociaux. Nous ne pouvons plus accepter une société décadente qui habitue déjà nos jeunes à la précarité ! Nous sommes à la croisée des chemins et des discussions entre les partenaires sociaux, le premier ministre et le patronat. Or, nous connaissons les positions du patronat qui souhaite une réponse capitaliste à la retraite, et de nouvelles inégalités à la clé. À nous d’imposer notre vision ! »

Didier Depoilly, secrétaire section syndicale Énergie Drôme Ardèche
« Dire que les retraités vivent mieux que les actifs est un argument insupportable et fallacieux employé à tour de bras par nos ministres, gouvernements, médias de masse, etc. La société a évolué. Les différentes politiques menées ces dernières années ont façonné une précarité à tous les étages. Aujourd’hui, les retraités doivent subvenir à leurs besoins, à ceux de leurs parents, de leurs enfants… En y ajoutant des difficultés d’accès aux soins, on fragilise une population qui a tout intérêt à conserver une certaine autonomie, sous peine de financer des établissements (EHPAD) hors de prix. À la création du CNR (conseil national de la résistance), il était question de faire de la retraite une nouvelle étape de la vie et non une antichambre de la mort ! Or, le constat est sans appel pour un certain nombre d’entre nous. Se mobiliser le 20 mars prochain, c’est dénoncer cette stigmatisation des retraités, mais aussi ce déni de démocratie et une réforme des retraites injuste. En 2024, le CAC 40 a versé 98 milliards d’euros aux actionnaires. Or, à mon sens, il n’y a pas 98 milliards d’actionnaires ? Arrêtons de ponctionner les citoyens et utilisons ces sommes astronomiques pour la santé, les hôpitaux, etc. Lorsqu’un système de santé n’est plus alimenté par les cotisations, mais par la fiscalité, c’est tout un modèle de société que l’on remet en cause. Au-delà, le 20 mars, la mobilisation sera l’occasion de dire non à la suppression de l’abattement de 10 %, la mise en place des taxes sur la fin de vie, la dépendance, etc. Entre camarades de l’inter pro, nous avons tellement de points de convergence et de droits à défendre, comme les services publics, la santé, l’éducation, qu’il est impératif de nous unir. »