La rentrée s’annonce combative. Cet été, une nouvelle offensive a été lancée contre les électriciens et gaziers, actifs comme retraités. Dans son rapport consacré aux ressources humaines d’EDF, la Cour des comptes remet une nouvelle fois le tarif agent sur le devant de la scène.
Présenté comme un privilège qu’il faudrait remettre en cause, il est pourtant une composante historique de notre Statut et de notre rémunération. Derrière les chiffres et les formules utilisées pour alimenter la polémique, une réalité demeure : s’attaquer au tarif agent, c’est s’attaquer aux droits des salariés des IEG.
Et nous savons que ces attaques ne s’arrêtent jamais à un seul droit. Salaires, retraites, reconnaissance de la pénibilité, protection sociale, activités sociales, Statut… C’est bien l’ensemble de notre modèle social qui est régulièrement présenté comme un coût qu’il faudrait réduire.
Mais pendant que certains traquent les prétendus « avantages » des salariés, une autre réalité s’est brutalement rappelée à nous cet été.
Quand le service public répond présent
Canicule, sécheresse, incendies : le changement climatique n’est plus une menace lointaine, mais une réalité. Les feux qui ont ravagé des milliers d’hectares, notamment en Gironde, rappellent l’urgence d’agir et la nécessité de disposer de services publics dotés de moyens humains, matériels et financiers à la hauteur des risques.
Face à ces catastrophes, la solidarité a répondu présente. Habitants, collectivités, secours, Activités sociales de l’énergie et bénéficiaires se sont mobilisés. Aux côtés des pompiers, les électriciens et gaziers ont sécurisé les installations et les réseaux et contribué au rétablissement de l’énergie. Une mobilisation qui rappelle une évidence : derrière le service public, il y a des femmes et des hommes dont l’engagement est indispensable pour faire face aux crises.
C’est dans cet esprit que la FNME-CGT a apporté son soutien aux personnels des services d’incendie et de secours qui réclament des moyens à la hauteur des enjeux. Lorsque les forêts brûlent, que les réseaux sont menacés et que les populations doivent être protégées, personne ne demande aux pompiers, aux agents des collectivités, aux électriciens ou aux gaziers si leur intervention est « rentable ». On leur demande d’être là ; et ils sont là. C’est toute la force du Service public : anticiper, protéger et garantir l’intérêt général.
Face au changement climatique et à la multiplication des événements extrêmes, affaiblir les services publics est un contresens. Il faut au contraire investir dans la prévention, les infrastructures, les secours et un Service public de l’énergie solide et maîtrisé publiquement.
Relever le défi climatique exige des investissements, des compétences, des emplois statutaires et des personnels formés. On ne peut pas demander toujours plus aux services publics tout en réduisant leurs moyens et les droits de celles et ceux qui les font vivre. Défendre les uns, c’est aussi défendre les autres.
Le 15 septembre, construire le rapport de force
Le 15 septembre, actifs et retraités des Industries électriques et gazières sont appelés à se mobiliser massivement pour nos salaires, nos retraites, nos droits, notre Statut et le tarif agent. Face aux attaques contre nos garanties collectives, il faut construire un rapport de force à la hauteur des enjeux.
Pour les actifs, le mot d’ordre est clair : une journée entière de grève. Le 15 septembre doit être une véritable « journée morte » dans les IEG, avec un taux de grévistes le plus élevé possible. Gouvernement et employeurs regarderont les chiffres : notre niveau de mobilisation sera la mesure de notre détermination.
Rassemblements, assemblées générales et débats collectifs sont essentiels, mais ils doivent s’appuyer sur une grève massive dans les entreprises, les sites et les équipes. Les retraités ont eux aussi toute leur place dans cette mobilisation : défendre le Statut, les retraites et le tarif agent, c’est préserver nos conquêtes collectives et les transmettre aux générations suivantes.
Le 15 septembre doit être une démonstration de force. Le rapport de force ne se décrète pas, il se construit avec chacune et chacun d’entre nous. Faisons entendre notre voix.
Gaël FAROU,
Secrétaire général adjoint, responsable de l’Information & Communication
